Histoire

Paul POUPONNOT le mercredi de 10h00 à 11h30 220 places

9 séances : 20 octobre, 17 novembre, 1er décembre, 12 janvier, 2 février, 2 et 16 mars, 18 et 25 mai

Invisibilité des femmes ?

Des femmes en mouvement durant la seconde guerre mondiale en France

L’an dernier, de nombreux points ont été étudiés :

  • La défaite et l’effacement des hommes ;

  • La politique de « l’éternel féminin » du régime de Vichy ;

  • Le quotidien des femmes durant les années noires (assurer la survie de la famille alors que de nombreux hommes sont absents, prisonniers ou STO) ;

  • La diversité des représentations des femmes par le cinéma français : celle de la femme soumise par l’homme viril et misogyne, celle de la femme assujettie aux canons de « l’éternel féminin », puis celle de la femme devenue autonome dans la société ;

  • L’attitude de persécutées : analyse du journal d’Hélène Berr.

Cours de l’année 2021/2022 : Femmes en action 1940-1945

Les femmes, piliers de la vie quotidienne dans la France occupée, considérées le plus souvent comme les « Invisibles de l’Histoire », se sont engagées que ce soit dans la collaboration avec le régime de Vichy, ou dans la Résistance (illustrations 1 et 2).

Problématiques de ces engagements :

  • Quelles sont les motivations, les formes de l’engagement des femmes et de leur répression ?

  • Sont-elles différentes de celles des Hommes ?


Lucie Aubrac, lors de l’émission de radio "Honneur et Patrie" à la BBC le 20 avril 1944 exprime-t-elle une conception différente de l’identité féminine traditionnelle :

"Et puis maintenant que tout le pays est un grand champ de bataille, les femmes de France assurent la relève des héros de la Résistance. Dans la Grande Armée sans uniforme du peuple français, la mobilisation des femmes les place à tous les échelons de la lutte : dactylos, messagères, agents de liaison, volontaires même dans les rangs des Groupes Francs et des Francs-Tireurs, patiemment, modestement, les femmes de France mènent le dur combat quotidien…”

  • La teneur des engagements féminins a-t-elle modifié le rapport des genres ?

Un résistant des Côtes d’Armor écrit au comité le 7 septembre 1944 "J’ai fondé le comité, j’ai organisé le groupe FFI, j’ai fait rentrer les armes tout seul. Ma fille était agent de liaison et mon épouse guidait les officiers parachutés". Le plus souvent, les résistantes disaient "nous" : le rapport au monde se faisait par le prisme de l’homme.

Brigitte Friang, résistante, dans "Regarde-toi qui meurs : 1943-1945" précise :

“…Lorsque les hommes ont besoin des femmes, ils oublient que ce sont des femmes. L’amusant est que ces hommes-là sont perdus à jamais pour le grand jeu du mépris dogmatique. Tous ceux qui ont véritablement participé à la Résistance [...] reconnaissent avoir eu leur image de la femme modifiée par cette période".

  • Quelle libération ?

Les femmes chantées et récompensées : citoyennes mais « La femme, fière maintenant comme une jeune poulette ergote…Je lui fais confiance, mais un tout petit peu seulement, une place à la mairie, pas plus. Ah non ! Pas plus haut, elle a encore beaucoup à apprendre » « La libération du Vaucluse » Tribune du râleur du 9 décembre 1944.

La revanche du masculin et le contrôle du corps féminin : les tondues (illustrations 3 et 4) :

Le recours aux portraits (figures très connues comme Berty Albrecht en passant par celles plus anonymes, comme celle de Gisèle Guillemot…), à l’analyse de situations (camps, maquis) permettra d’aborder l’ensemble de ces questions.

1 - Réunion du parti franciste
salle Pleyel Paris en 1944

2 - Simone Segouin, jeune résistante
de Nogent le Rotrou

3 - Femmes résistantes de Marseille fêtant la libération de Marseille en septembre 1944

4 - Femmes accusées de collaboration
tondues, été 1944 à Paris